Tellement légère... #Trécoule


Cette photo est vieille, mais illustre selon moi, tout à fait ce que je souhaite aborder aujourd'hui. Il n'est pas très fun, cet article, et vous allez vous demander pourquoi l'ajouter à la page #trécoule...

Parce que cet épisode fait parti de moi et si je ne l'évoque pas et que je le laisse comme ça...
Je ne pourrais pas avancer comme je vous l'ai toujours expliqué !

Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé certaines photos sur mon blog, justement. Suite à un changement d’utilisation sur une plateforme que j’utilisais avant, certains clichés ne s’affichaient plus, notamment ceux de mes « Looks ». Finalement, je ne m’en plaignais pas tant que ça. Ça permettait de ne plus montrer une période de ma vie que je ne voulais plus voir… Et puis les photos sons revenues et en les regardant, je me suis pris une grosse claque.

Le fait de ne plus voir ces images de moi, c’était m’empêcher, moi-même, de ne pas voir la vérité en face. Se cacher les yeux et se dire que c’est bon, c’est derrière nous, sans avoir finalement pris le temps de se demander, comment s’est arrivé et est-ce que je m’en suis vraiment remise ?

Jusqu’ici, sur le blog, je n’en ai pas parlé. Enfin, un peu, j’ai fait quelques articles, pour dire que je n’en parlerai pas, que je dis une bonne fois pour toute les choses et « on oublie ». Mais, on n’oublie jamais ! Enfin, moi, personnellement, je n’ai pas oublié…


Je ne saurais pas dire comment les choses ont commencé. 

On venait de rentrer de Lille, on posait nos valises à Blois, pas vraiment par choix, plus parce que j’avais trouvé un « boulot ». Le Mari, lui, pouvait me suivre partout, il avait sa petite entreprise qui marchait hyper bien et du coup, il bossait de la maison.

J’étais très stressée, mais ça, je vous l’expliquerai dans un autre article.
Du coup, on avait pris beaucoup de poids, parce que j’ai tendance à manger plus que de raison quand je stresse et qu’à cette période, je gardais… Bref, on est rentré avec les frites/fricadelles sur les cuisses et les fesses. Jusqu’au moment où on s’est dit que c’était plus possible !

Un jour, on a invité de la famille à la maison. Et le soir, on a fait une orgie des restes de desserts. Il restait de la glace, de la chantilly… Bref, on s’est goinfré et à ce moment, on s’est dit que c’était fini, que dès le lendemain, on se reprenait en main ! 


J’avais pas mal lu de trucs sur les rééquilibrages alimentaires. 

Ce n’est pas un régime mais ça te permet de mieux manger, de retrouver ton équilibre et donc de perdre le poids que tu ne devrais pas avoir sur toi. BANCO ! J’ai trouvé pas mal de livres, de blogs qui expliquaient très bien les choses et vu que je bossais à temps partiel, j’avais masse de temps pour cuisiner.

J’ai fait plein de trucs trop cool ! C’était bon, c’était sain. On a viré tous les paquets de biscuits de la maison, les desserts trop riches. On a privilégié le frais, le fait-maison. Beaucoup de légumes, de fruits. On a mieux mangé et on s’est rapidement senti bien plus léger, autant mentalement que dans notre corps.

A ce moment-là, je ne savais pas trop combien j’avais perdu parce que je ne me pesais pas. En fait, je m’apercevais que je perdais du poids grâce à mes pantalons trop grands, mes tee-shirts larges…  J’avais une routine ultra chouette, je me retrouvais enfin !


J’aurais dû m’arrêter là ! 

Mais, je me suis aussi dit que je n’avais pas eu l’impression de me priver, d’être au bout du rouleau. Je me sentais pleine d’énergie et pour la première fois de ma vie, je me trouvais jolie. Ouais, j’ai toujours été ronde, étant petite, j’avais des kilos en trop et même si je m’en moquais plus jeune, en grandissant, les moqueries de certains m’ont marqué pour toujours. Tu sais, le syndrome de se trouver toujours grosse peu importe le poids que tu fais ? Bah voilà !

Et là, mystérieusement, après ce rééquilibrage alimentaire, qui m’avait semblé tellement simple, je voyais que je pouvais perdre du poids facilement. Alors en montant sur la balance, juste pour voir, je me suis dit que peut-être, je pouvais aller un peu plus loin. Peut-être qu’en cherchant bien, y avait des trucs dans notre alimentation qui étaient encore un peu « too much ». 
Tu vois le début du truc là ?


J’ai souvent dit que les décès de mes parents m’avaient chamboulé, au point de perdre pied. 
Pas vraiment, finalement. Il m’a fallu du temps et des longues discussions avec Le Mari pour m’apercevoir que, oui, ces deux épreuves (dont je parlerais prochainement) ne m’ont pas aidé à remonter la pente, au contraire, mais qu’ils n’ont pas été les éléments déclencheurs. J’étais anorexique dès l’instant où j’ai compris qu’en mangeant moins, je pouvais perdre du poids. Tout simplement !

Au début, je me sentais bien. Je mangeais moins, quotidiennement, mais ça allait. 
Dans ma tête, les choses étaient encore à peu près d’aplomb, parce que j’avais parfois des sursauts qui me disaient que j’allais peut-être un peu dans l’excès, mais inverse. Et puis, c’est peu un puit sans fond. Tu montes sur la balance, ça baisse encore, pourtant, tu te sens bien ! 


Enfin, tu penses que tu te sens bien…

Moi, ça ne m’a pas choqué de perdre autant de poids, parce que je connais beaucoup de filles qui portent du 34 et qui sont en pleine santé et qui surtout ne sont pas anorexiques. Alors pourquoi est-ce que j’aurai dû prendre peur de ce qui m’arrivait ?

Les quantités dans les assiettes sont devenues rapidement ridicules. Le Mari a d’ailleurs commencé à m’alerter en pensant qu’on ne mangeait pas assez. Parce que, ce que j’oublie de vous dire, c’est lui aussi a été entrainé là-dedans. C’est moi qui faisait à manger. Je préparais à l’assiette et il n’y en avait pas pour une troisième personne (même pas pour deux à vrai dire) ! Du coup, il a aussi continué à perdre du poids mais plus malin que moi, il savait qu’à côté, il pouvait se permettre des plaisirs…

Le blog, à cette période, n’a pas du tout aidé non plus ! Je faisais beaucoup de looks, ça marchait tellement bien depuis que je perdais du poids. J’avais fait plusieurs « Une » sur Hellocoton, j’avais plein de commentaires, pleins de retours qui me félicitaient de mon corps, de ce que portais… Autant vous dire que je ne me suis plus sentie toucher Terre. On y était ! Ce qu’on m’avait toujours reproché, mon corps, il devenait quelque chose qu’on trouvait joli et dont on ne se moquait plus ! Pourtant, quand je me voyais dans la glace, ce n’était pas encore ça… Mes cuisses ! Elles étaient bien trop difformes à mon goût ! 

Mon blog a basculé vers la cuisine saine à ce moment-là. Enfin, saine, visuellement saine. Parce que chez nous, c’était pas du tout ce qui était montré sur le blog. J’ai totalement arrêté les looks aussi, à cette période. Parce que je ne sais pas si vous avez pu voir les dernières photos, c’était pas très joli, joli. Je rentrais déjà dans du 32 (taille française) en jean et le XS en tee-shirt était trop grand. Je m’habillais même dans du 12 ans, parfois… Je crois maintenant que je voyais bien les photos, et que ça prouvait que quelque chose n’allait pas. Alors, j’ai arrêté les looks, totalement, pour me consacrer à la cuisine. J’ai eu du bol parce que vous m’avez suivi, malgré tout ! Mais avec du recul, ce n’était pas pour les bonnes raisons, ce basculement.



Ne pas se voir, pour de vrai !

La balance continuait à dégringoler. J’avais trouvé des astuces pour que Le Mari ne voit pas trop que je mangeais moins que lui. Mais j’étais souriante, et de bonne humeur (pas toujours, maintenant que je suis objective !) alors ça allait… Mais le décès de Maman a accéléré les choses, oui, là, quand même, ça m’a brutalisé tellement fort qu’étant déjà frêle et faible, j’ai totalement touché le fond.

Je suis tombée au plus bas, à 42 kg pour mon 1m65. Pour info, l’IMC normal est entre 18.5 et 25, là, j’étais à peu près à 15.5, je crois. Et je savais tout ça, en plus. J’avais pris soin de télécharger toutes les applications qui comptent les calories, toutes les applications qui devraient te donner de bons conseils. Mais qui sur moi avaient un effet pervers, celui d’aller toujours plus loin.

Je faisais du sport, tout le temps. Des abdos, de la course à pied. Mais je n’avais pas d’énergie. J’avais encore plus mal aux articulations, encore plus mal partout, en fait.

Est arrivée, l’intolérance au lactose. Je ne savais pas trop pourquoi j’avais tout le temps mal au ventre ! Au point à avoir le ventre qui gonflait tellement que j’avais l’impression d’être enceinte parfois. Je pouvais rester coucher des journées entières, en boule dans mon lit parce que la douleur n’était pas gérable. Vomissements, et tout le toutim. Bref, y a un truc qui n’allait pas !

(On garde bien en tête que j’étais déjà bien maigre et que je ne mangeais plus grand-chose d’autre que des blancs de dinde et des carottes râpées en très petites quantités…)

On m’a conseillé de faire un test et d’arrêter de consommer des produits laitiers pendant quelques jours et de voir. Punaise, c’était dingue. Plus de bobo au ventre ! Alors, j’ai mangé sans lactose. Ce qu’on sait moins, c’est que quand on te dit que pour ton bien, tu dois manger « moins » de produits laitiers et que tu manges déjà très très peu, bah au fond de toi, c’est un peu une aubaine ! Pendant deux ans à peu près, j’ai mangé sans produits laitiers dans ma cuisine. Mais attention, la véritable raison (même si j'étais bien contente), c'était vraiment pour ne plus souffrir ! D’ailleurs, le blog aussi tournait autour de tout ça pendant très longtemps et c’était chouette ! Mais, je ne substituais pas plus, pour autant…

Mon poids, il ne remontait pas ! 

Ça a aussi joué sur mon moral, sur la confiance en moi, cette perte brutale de poids. Je n’ai pas pu travailler pendant près de 3 ans. Parce que je loupais mes entretiens d’embauches, je n’avais aucune énergie, aucune motivation, j’avais peur de tout et je pleurais tout le temps. Je me sentais molle, mais ça ne m’inquiétait pas, moi. Ça inquiétait les autres autour, ils me parlaient mais entre nous, c’est facile de pas entendre ! 

Mais à un moment, Le Mari, il a plus supporté les choses. Il ne pouvait plus me voir sombrer comme ça. Y a eu plusieurs moments, où il m’a expliqué que si je ne me calmais pas, il m’emmènerait à l’hôpital. Pour qu’ils me soignent. Pour que je puisse prendre conscience de ce qui m’arrivait. C’est lui qui portait le foyer avec ses salaires, avec ses projets. C’est lui qui devait me ramasser quand j’allais mal. C’est lui qui a tout fait pour que les choses aillent bien, mais moi, de mon côté, je ne faisais rien pour remonter la pente. Sachant qu’il y a une chose que vous ignorez sur Le Mari, il est lui-même malade, il fera d’ailleurs parti des interviews de ces personnes « solaires » à mes yeux qui arriveront prochainement sur le blog…

Et puis Papa…

Avant d’apprendre qu’il était aussi gravement malade, il a eu beaucoup de soucis avec sa glycémie. Du coup, manger pour lui, c’était devenu un calvaire. Il avait la sensation d’être privé de tout, lui qui était un grand gourmand. C’est à peu près à cette période que j’ai commencé à avoir un premier déclic.

On a découvert la cuisine végétarienne (voire végétalienne) et puis j’ai commencé aussi à découvrir les substituts pour faire des plats gourmands avec un indice glycémique faible, pour lui faire des tartes ! Quand on venait chez lui, c’est moi qui faisait à manger et bizarrement, le fait de devoir prendre soin de lui, j’avais oublié ce que je pensais de moi. Et je me suis remise à manger, un peu plus, pas non plus un truc de dingue mais dans ma tête, le fait de devoir m’occuper de lui, ça occultait pas mal de chose.

Et puis, je le dis ouvertement, le fait d’avoir retirer les aliments que je ne supportais de mon quotidien m’a beaucoup aidé également. La viande, c’était un supplice pour moi, mais je faisais comme tout le monde. Et dès l’instant où j’ai dit « Non ! Je ne veux plus manger de viande. », y a un poids qui a sauté. J’ai fait des tas de recherches sur comment substituer la viande et ça m’a totalement passionnée. Du coup, encore un truc nouveau qui m’occupait l’esprit ! 
J’étais encore bien maigrichonne mais y avait du mieux ! 

Et puis, bis…

Papa a appris qu’il était malade. Comme Maman, un cancer qui s’était logé dans son corps et il fallait qu’il se batte contre ça. La claque ! La GROSSE claque… Après Maman, on s’en prenait à mon Papa qui ne s’était pas remis de la perte de son Amour à lui. 
Je ne pouvais pas le laisser tomber.  Sauf que c’est allé bien plus vite pour lui… 
Il ne voulait plus manger, ça passait pas… Je me suis vue en lui, une personne qui maigrie à vue d’œil, frêle, malade… Et je lui ressemble aussi tellement physiquement, que c’était comme une gifle en pleine gueule qui te fait comprendre à quel point tu as déconné. Que c’est malheureux que tu t’en rendes compte maintenant, avec cette horreur qui se profile, alors que Le Mari t’avait prévenu depuis bien longtemps.

On l’a accompagné Jusqu’au bout, laissant tout tomber. 
Il est parti rejoindre Maman.
Je me suis fait couper les cheveux très courts. 
On est venu vivre à Tours. 
Et c’était le début de ma vie d’aujourd’hui.


Aujourd’hui, j’ai repris le poids que j’ai perdu et même un peu plus ! 
Depuis ce moment, notre alimentation a beaucoup évolué. 
J’ai eu deux grossesses, dont la première qui n’a pas abouti. 
La deuxième qui m’a fait devenir Maman et qui m’a totalement guérie !



Dès l’instant que j’ai su que je devais prendre soin d’un grain de sésame qui s’était logé dans mon ventre, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais. J’avais repris pas mal de poids avant de tomber enceinte, j’étais bien mais mes travers étaient encore là. Je faisais très attention à la balance ! Autant dire qu’étant enceinte, c’est pas le truc à faire ! J’ai eu la chance de ne pas trop prendre de poids pendant ces 9 mois, environ 13 kg. Et je les aimais profondément ces 13 kg, parce que j’avais réussi à les accepter ! Et pour moi, c’était une véritable victoire. Parce que je savais que pour certaines femmes, même si ce sont des kilos d’Amour, quand on a vécu l’anorexie, ça peut être compliqué. Et là, non, rien du tout !

Après l’accouchement, je n’ai rien fait du tout ! 

Je me suis laissée vivre, alimentairement parlant. J’ai rattrapé tout ce que je n’avais pas pu manger et comme par magie, j’ai perdu 10 kg en 9 mois, sur les 13 pris. Et vous savez quoi, j’ai même pas envie de perdre les 3 kilos restant. Parce qu’en fait, ils sont là où ils doivent être, je n'ai pas à ma plaindre de quoi que ce soit sur mon corps actuel, ce serait même déplacé, je pense ! Ces kilos sont la preuve que j’ai vécu une grossesse merveilleuse, que je suis devenue Maman et que je suis guérie.

Je sais que pour certaines, c’est plus compliqué, mais pour moi, qui pendant près de 3 ans, a subit l’alimentation et son corps, je peux vous assurer que c’est un pas de géant pour moi ! 
Je n’aborderais pas le sujet du corps, aujourd’hui, cela fera l’objet d’un nouvel article, moins accès sur moi... En tout cas, voilà, aujourd’hui, je sais que je suis guérie. Manger ne me fait plus peur, prendre du poids non plus.



Je souhaite aux personnes qui liront peut-être cet article, et qui sont dans une situation conflictuelle avec l’alimentation un courage sans nom. Qu’ils ne restent pas seuls. Même si c’est pas un docteur parce qu’on peut encore faire sans, il FAUT se faire aider par nos proches. Les écouter, se faire engueuler. Et puis trouver un truc, LE truc qui nous fait penser à autre chose. Qui nous redonne le moral et l’envie de nous battre contre ces foutues voix dans nos têtes qui nous disent des trucs complètement faux !

C'est difficile, c'est douloureux, c'est long, il peut rester quelques traces, mais c'est possible !

C’était long article. J’en avais besoin.
Merci d’avoir lu jusqu’ici et à bientôt pour un nouvel article #trécoule. 

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